À Mondoubleau (Loir-et-Cher), la question de l’avenir du château d’eau métallique construit en 1969 suscite aujourd’hui un débat local. Cet ouvrage singulier, souvent surnommé la « boule métallique », a été réalisé par les Chantiers navals de l’Atlantique, acteur majeur de l’industrie française du XXᵉ siècle.

Contrairement à la majorité des châteaux d’eau français, majoritairement construits en béton, celui de Mondoubleau relève d’une architecture industrielle métallique rare. Sa conception témoigne d’un savoir-faire issu du monde naval, transposé ici à une infrastructure hydraulique destinée à l’alimentation en eau potable.
Le château d’eau de Mondoubleau haut de 35 mètres. Crédit photo : NR
Un ouvrage technique devenu patrimoine
Au-delà de sa fonction d’origine, ce château d’eau raconte une page méconnue de l’histoire industrielle française. Le fait qu’il ait été conçu par les Chantiers navals de l’Atlantique, connus pour la construction de grands paquebots et d’ouvrages complexes, lui confère une valeur historique particulière. Il illustre la capacité de cette industrie à intervenir bien au-delà du strict domaine maritime, dans des projets d’infrastructures civiles répartis sur l’ensemble du territoire .
Pourquoi envisager sa préservation
Préserver le château d’eau de Mondoubleau, c’est conserver un témoignage matériel de l’ingénierie et de l’esthétique industrielles des années 1960. C’est aussi reconnaître que les châteaux d’eau, même désaffectés, peuvent devenir des repères patrimoniaux, porteurs de mémoire collective et d’identité locale.
L’Association Les Châteaux d’eau de France rappelle que ces ouvrages ne sont pas de simples vestiges techniques : ils constituent des archives en volume, racontant l’histoire de l’aménagement du territoire, des réseaux publics et des grandes entreprises industrielles qui ont façonné le paysage français.
Un enjeu patrimonial à l’échelle nationale
Le cas de Mondoubleau s’inscrit dans une réflexion plus large sur la reconnaissance et la valorisation des patrimoines industriels du XXᵉ siècle. Étudier des solutions de conservation, de valorisation ou de réutilisation permettrait de transmettre aux générations futures une part essentielle de cette histoire, plutôt que de la voir disparaître.
Source : La Nouvelle République

