Dimanche 26 septembre 2021 : enfin !

Nous y sommes après 3 reports dus à cette crise sanitaire connue et vécue par tous, avec quelques membres du CDPA41 (Comité Départemental du Patrimoine et de l’Archéologie en Loir-et-Cher) et sa coordinatrice de projet Mme Mignot, notre circuit « visite des châteaux d’eau en Sologne » a pu avoir lieu.

Avec Guy, nous avions prévu de présenter 20 châteaux d’eau, privés ou publics, d’architectures variées, plus ou moins intéressantes.

En Sologne, les bois ne nous permettent pas toujours d’avoir un visuel correct sur ces bâtiments, la chance nous a souri lors de notre passage à Souesmes.

Tout le monde est à l’heure au rendez-vous à 9h15 devant la mairie de Romorantin-Lanthenay.

Après vérification du pass sanitaire, nous allons visiter la pagode, en 2 groupes.

Le salon situé sous la cuve et le petit escalier en fonte ne peut accueillir tout le monde.

La Pagode est un château d’eau privé, alimentant la demeure de la famille Normant : demeure devenue la mairie de Romorantin-Lanthenay. Dans ce salon aux vitraux d’origine asiatique, venaient se reposer les demoiselles Normant. (Cf. Gazette N°9)

Nous présentons au 2e groupe, l’histoire de l’eau à Romorantin :

Le château d’eau de Tournant-Feuille date de 1907, inauguré lors du comice agricole en 1911, détruit en 1983

Le château d’eau dit quartier Faubourg d’Orléans date de 1938-1940, détruit en 1973. Il accompagnera pendant plus de 20ans le château d’eau de la rue Emile Zola construit dans les années 50.

Le château d’eau de la rue des Cheminets est réalisé par l’entreprise SOCOA dans les années 60.

Il subsiste deux autres édifices moins connus : celui de la gare, et rue de la Lambinière chez un maraicher.

(Cf. bulletins N°203 et 204 de la S.A.H.A.S)

Sous un temps maussade, direction Villeherviers et le réservoir d’eau à l’intérieur de la bâtisse carrée située à l’entrée du domaine du Moulin-Neuf.

Traversée de Selles-Saint-Denis, à la Ferté-Imbault nous nous arrêtons rue du château d’eau, voir l’édifice des années 60-70 avec son toit de style « pigeonnier ».

Direction le grand et beau domaine privé de la Sauldre, où de l’autre côté de la route, dans les bois se cache un édifice d’architecture « cruciforme ». (Photos ci-dessous)

Entouré de ronces, feuillages et branchages et malgré son accès difficile les participants se frayent un passage pour découvrir cette structure spécifique et rare. Hélas ni répertorié, ni classé !

Direction le GIAT (Groupe Industrie Armement Terrestre) situé sur deux communes : La Ferté-Imbault, où il reste 2 châteaux d’eau et Salbris, celui du Thou.  Il faudra parcourir, depuis le parking, plus d’un km d’un chemin chaotique pour le trouver.

Il fait beau, pause pique-nique.

Nous repartons en direction de Salbris-ville, voir le château d’eau de la commune décoré, comme à Souesmes et Pierrefitte-sur-Sauldre, par les ateliers Adeline.

Départ pour Souesmes. Nous longerons sur notre droite l’ancienne ligne du B.A, transformée en chemin de randonnée. Seules subsistent deux gares habitées pour nous rappeler cette ligne à voie métrique. B.A ligne du Blanc-Argent (Le Blanc dans l’Indre à Argent-sur-Sauldre dans le Cher).

Dans cette commune, le château d’eau repeint attire l’œil du passant, mais il faut surtout noter qu’à une période il servait de vigie : à son sommet était hissé un « Algeco » et des étudiants se relayaient pour surveiller les départs éventuels d’incendie dans les forêts de Sologne. La surveillance était assurée depuis les châteaux d’eau de deux autres communes : Jouy-le-Potier et Soings-en-Sologne formant ainsi une triangulation. (Cf. Gazette 51)

Entre Souesmes et Pierrefitte-sur-Sauldre, nous nous arrêtons devant 2 propriétés privées : la ferme de la Rebutinière, édifice vu depuis la route D142. Et au domaine de Falase, surprise pour nous tous ! la propriétaire ayant entendu voix et fermetures de portières ouvre son portail.

Etonnée au début de voir autant de monde, elle comprend, après nos explications notre intérêt pour le petit patrimoine : dont les châteaux d’eau font partie.

Elle nous conte alors l’histoire du domaine : la séparation de l’ensemble, (le château et la maison du jardinier). Cette dernière joliment réhabilitée par leurs soins. Le château d’eau dont la cuve alimentée par une pompe puisant l’eau dans la Sauldre, desservait la propriété. Ne servant plus, ils ont choisi de laisser la végétation le recouvrir. Les participants peuvent ainsi le photographier au plus près. (Photo ci-dessous)

Nous la remercions chaleureusement et prenons la route en direction de l’ancienne gare de Pierrefitte-sur-Sauldre, repérée par nos soins.

Située sur la commune de Souesmes, nous faisons une halte pour admirer son architecture et sa réhabilitation par ses propriétaires. A notre arrivée, ces derniers étant présents, c’est avec bonheur qu’ils ont partagé avec le groupe leur histoire et celle des 2 communes et de leurs 2 curés n’arrivant pas à délimiter leur territoire ! Le passé reste toujours d’actualité entre ces deux villages et alimente les anciennes querelles de clocher.

Remarquons au-dessus du bâtiment principal la fresque du céramiste Alexandre Bigot magnifiquement conservée.

A Pierrefitte-sur-Sauldre, le château d’eau de la commune peint, date des années 70. Nous choisissons de nous arrêter devant celui d’une propriété privée située en centre-ville. (Cuve métal sur fût en briques).

A Nouan-le-Fuzelier, nous nous garons devant le domaine de Chalès. (Domaine des Orphelins de la Douane). Fermé, c’est donc par-dessus le mur que nous verrons le château d’eau de style Hennebique datant de 1908.

A Saint-Viâtre, l’édifice est récent et la pluie nous surprenant, la pause a été rapide. Nous avons pu tout de même admirer le seul clocher tors du Loir-et-Cher, et les belles maisons du bourg.

En allant vers La Ferté-Beauharnais, nous passons devant le Grand Cerneant, lieu de pisciculture de la famille Hennequart (Elevage d’esturgeon pour le caviar de Sologne).

Le château d’eau de cette commune aurait bien besoin d’un lifting. Nous faisons une pause pour aller admirer le château de Joséphine de Beauharnais, et nous prenons connaissance de l’arrêté de péril sur une très ancienne demeure « le café des trois canards » voué à être démoli.

Quel dommage !!!

Avant d’arriver et de traverser Neung-sur-Beuvron, notre regard se tourne vers le magnifique château de la Chauvellerie. Direction le domaine de Villemorant, ancien château de l’empereur Bokassa, resté longtemps à l’abandon et acheté dans les années 90 par un groupe de communes avoisinantes pour y créer une pépinière d’entreprises nommée « ECOPARC ».

Un peu de marche jusqu’au château d’eau, des années 50, construit par M. Quenet entrepreneur et maire de Neung-sur-Beuvron.

Déjà 18H30, les participants ont l’air satisfaits, bien que fatigués. Certains ayant de la route pour rejoindre leur domicile, nous choisissons de terminer notre journée. Nous n’irons pas voir le château d’eau du domaine de Laborde à Vernou-en-Sologne, d’autant que le mauvais temps menace il nous faut regagner nos voitures et nous séparer avant le déluge, une véritable giboulée de mars, pour clore cette journée.