À Chaumont, des cigognes choisissent un château d’eau pour faire halte. À Nassogne, en Belgique, une importante colonie d’hirondelles de fenêtre s’est installée grâce à des nichoirs aménagés autour d’un ouvrage. Deux histoires qui illustrent le rôle que peuvent jouer les châteaux d’eau dans la préservation de la biodiversité.
Une halte remarquée sur le château d’eau de La Rochotte

Le 4 août 2026, vers 20 h 30, un habitant de Chaumont a observé une scène aussi inattendue que spectaculaire : plus d’une dizaine de cigognes étaient posées sur le château d’eau du quartier de La Rochotte.
Le lendemain matin, les oiseaux survolaient encore le secteur de la rue Jean-Moulin. Probablement en déplacement, ils avaient trouvé sur cet édifice élevé un lieu propice à une halte nocturne, loin de l’agitation du sol.
crédit photo jhm.fr
Cette rencontre rappelle que les châteaux d’eau ne sont pas seulement des éléments familiers de nos paysages. Leur hauteur et leur situation dominante peuvent aussi en faire des points de repos ou d’observation appréciés par les oiseaux. L’événement a été rapporté par le Journal de la Haute-Marne.
À Nassogne, le retour spectaculaire des hirondelles
À quelques centaines de kilomètres de là, le château d’eau de Nassogne, en Belgique, accueille une expérience encore plus remarquable. Situé près de l’étang des Goffes, l’ouvrage est aujourd’hui entouré de dizaines de nichoirs occupés par des hirondelles de fenêtre.
Il y a encore sept ou huit ans, cette espèce avait entièrement disparu de la commune. Sous l’impulsion du Plan communal de développement de la nature et avec l’appui de spécialistes de la faune sauvage, trente nichoirs doubles ont alors été installés au sommet de la tour. Un dispositif diffusant des cris d’hirondelles a également été utilisé pour signaler aux oiseaux la présence d’un site favorable.
Des dizaines de nid sur le château d’eau
crédit photo ©Thierry Gridlet – Natagora Famenne

Le résultat ne s’est pas fait attendre : un premier couple s’est installé après seulement une semaine, puis sept couples ont adopté le château d’eau au cours de la même année.
Face à ce succès, le dispositif a été agrandi. Le château d’eau compte désormais cinquante nichoirs doubles, soit cent emplacements. En 2026, au moins 65 d’entre eux étaient occupés. En tenant compte des différentes nichées, les naturalistes estiment qu’environ 500 jeunes hirondelles ont pu naître à Nassogne au cours de l’année.
Cette réussite est le fruit d’une mobilisation collective associant la commune, le groupe de travail Hirondelles de Natagora, des spécialistes du baguage, des bénévoles et un artisan local. Elle est présentée en détail par le quotidien belge L’Avenir.
Des ouvrages techniques au service du vivant
Ces deux histoires montrent deux formes complémentaires d’accueil de la biodiversité. À La Rochotte, les cigognes ont spontanément utilisé le château d’eau comme halte. À Nassogne, une démarche volontaire et soigneusement préparée a permis le retour durable d’une espèce qui avait disparu localement.
Avec leurs silhouettes élevées, leurs corniches et leurs surfaces parfois propices à l’installation de nichoirs, certains châteaux d’eau peuvent offrir des possibilités intéressantes aux oiseaux. Chaque projet doit naturellement être étudié avec les propriétaires et gestionnaires de l’ouvrage, en tenant compte de son fonctionnement, de la sécurité, des opérations d’entretien et des besoins propres aux espèces concernées.
Au-delà de leur fonction essentielle dans la distribution de l’eau, les châteaux d’eau appartiennent à notre patrimoine architectural et paysager. Lorsqu’ils sont observés, entretenus ou aménagés avec attention, ils peuvent également contribuer à renforcer la place de la nature au cœur de nos villes et de nos villages.
L’exemple de Nassogne pourrait ainsi inspirer d’autres collectivités. Quant aux cigognes de La Rochotte, elles nous rappellent que, même sans aménagement particulier, un château d’eau peut devenir le théâtre privilégié d’un beau moment de vie sauvage.
Sources : jhm.fr et lavenir.net

